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La Source de Préfailles
 

LES SOURCES

    Au XIXème siècle, la mode est "aux eaux". Chaque source du littoral possède ses vertus bienfaisantes. A PORNIC, la source de Malmy est réputée guérir les maux d'estomac. Il n'en subsiste aujourd'hui qu'un nom, celui de la rue de la Source. LA BERNERIE tenta, elle aussi, d'exploiter deux sources ferrugineuses : l'une à la Belletière, l'autre à la Patorie. Mais toutes deux perdirent bien vite leurs qualités.

    C'est la source ferrugineuse de Quirouard, à Préfailles, qui fit la prospérité de ce hameau avant même qu'il ne devienne une commune séparée de LA PLAINE SUR MER (19 février 1908).


LA SOURCE DE PRÉFAILLES

    1788: tandis que "Mesdames de France", accompagnées d'un modeste équipage de deux cent soixante personnes, se rendent aux "eaux" de Vichy, un médecin en villégiature à Ste-Marie, découvre la source ferrugineuse de "Préfail" qui, pendant plus d'un siècle, sera la gloire et l'espoir du village...

    Nous sommes à la veille de la Révolution, dans un an ce sera la prise de la Bastille. Par quel moyen ce médecin est-il arrivé jusqu'ici ? Il n'y a pas de routes, seulement des chemins creux, mal entretenus et impraticables. Pendant une grande partie de l'année. "Préfail" n'est même pas un village, à peine un hameau de quelques maisons dans le haut "Préfail", autant à Quirouard, deux maisons au Bois Roux, douze maisons au total, peut-être quinze, pas plus !

    Sans doute notre promeneur a-t-il emprunté l'étroit sentier de douaniers qui longe tout le littoral et qui traverse la lande déserte au milieu des ronces, des ajoncs et des genêts.

    Après analyse de l'eau, il y conduit un membre de sa famille atteint des "fièvres paludiennes". Satisfait des résultats, il y envoie sa clientèle.

    A quelques kilomètres, Pornic subit les contrecoups de la Révolution: émeutes, menace de la flotte anglaise, le canon, l'attaque des Vendéens, le pillage, l'incendie. Louis XVI a été exécuté. Napoléon a eu le temps d'atteindre la gloire, de faire ses campagnes, d'abdiquer, de revenir, d'être exilé.
    Nous voilà en 1816, et Louis XVIII est au pouvoir.

    Malgré tous ces événements, les buveurs d'eau sont venus de plus en plus nombreux de Nantes, de Paimboeuf, de Vendée, de Limoges, bientôt d'Angoulême. Ils ont pris le bateau de Nantes à Paimboeuf puis la carriole passant par Pornic, quand le chemin direct est impraticable.

    Il existe dans les archives de la Plaine, pour le seul mois de juillet 1816, un relevé de 102 curistes, y compris les enfants et les domestiques.

    Les buveurs d'eau, logés bien confortablement au bourg de la Plaine commencent à s'installer plus près de la source, à Quirouard ou à Préfailles (c'est que la cure commence tôt, au lever du soleil !).

    Ils sont logés dans des conditions bien précaires, il en est même qui acceptent quelques bottes de paille dans une étable évacuée par les animaux.

"A cette époque, les locations se font, non à la chambre, mais au lit et l'art consiste à en faire tenir le plus possible dans la même pièce"
    Quoi qu'il en soit l'analyse de l'eau révèle qu'elle contient du protoxyde de fer, du sodium, du magnésium, du calcium, des traces d'arsenic... tout ce qu'il faut pour soigner "les anémiques, les chlorotiques, les fiévreux, les menstruations pénibles, les relèves de couches".

    Il est conseillé de la boire sur place. Voici d'ailleurs les conseils donnés par le Docteur GUEPIN dans un petit fascicule édité sur la Source et mis en vers par RATHOUYS.

 Le matin tu te lèveras
 à sept heures ou même avant,
 Pour la source tu partiras
 Et boiras deux fois seulement,
 A dix heures déjeuneras
 Sois de l'eau de source en mangeant. 
 A trois heures te baigneras
 Et prendras bien garde au courant.
 A cinq heures tu dîneras;
 A sept heures pédestrement
 A la source retourneras
 Et verras un coup d’oeil charmant,
 Dans les salons tu trouveras
 Au retour plus qu'un agrément,
 Enfin, lasse, tu dormiras
 Et rêveras ... probablement.
    Le Docteur GUEPIN ajoute que "les coups de vagues" et le "choc de la mer" peuvent être utiles et qu'il faut des repas légers: "Peu de féculents, il donnent au sang beaucoup de sucre".

    Les étrangers viennent de plus en plus nombreux. De petits hôtels de 5 ou 6 chambres s'ouvrent. L'accès de la Source est aménagé. C'est ainsi qu'une pente douce est construite pour permettre aux voitures de malades d'y accéder.

    La Source est presque devenue une divinité : on lui rend hommage, on y danse, on y chante, on y tire des feux d'artifice.

Sous l'arceau de granit où se cache mon onde,
je produis le trésor qui vous rend la santé.
Nul ne sait d'où je viens: ma retraite est profonde,
Je coulerai longtemps, c'est Dieu qui me féconde
Peut-être pour l'éternité...
    Le 21 août 1866, l'Académie de médecine après l'étude des échantillons reçus, conclut de l'utilité de l'eau de Préfailles au point de vue médical.

    En 1863 et jusqu'en 1867, MM. BERNARD de La Plaine et MONNIER de Pornic pharmacien qui possède un terrain au-dessus de la source, entreprennent de forer un puits pour capter, à leur profit l'eau "miraculeuse".
    Vigilante, la Municipalité fait arrêter les travaux.
    Puis c'est Monsieur BOURRASSEAU, négociant à Saumur, qui fait un essai de limonade à base d'eau de source, mais son entreprise n'est pas rentable. Le hangar qui l'abritait est devenu la villa "Cyrnos".

    Après diverses péripéties, la source est finalement mise en vente et, c'est M. Hippolyte DURAND-GASSELIN qui l'achète en 1901 et la met généreusement et gratuitement à la disposition de tous : "riches et pauvres, baigneurs et habitants". De plus il fait exécuter à ses frais l'escalier de pierre qui descend vers la mer.

    Dans les premières années du siècle, Préfailles connaît un essor considérable. La station possède, outre de nombreux chalets, 4 hôtels (deux sont ouverts toute l'année).

    Ces hôtels offrent 132 chambres, 270 couverts, des salles de billard, de concert, remises, écuries, et même un garage d'automobiles et l'un deux, l'hôtel Sainte-Marie, tenu par Madame OUBRERIE comporte un parc magnifique.

    De toute cette prospérité La Plaine tire la majeure partie de ses revenus et fait la sourde oreille aux demandes d'amélioration formulées par les Préfaillais.

    C'est alors que Monsieur PASQUIER (directeur de l'agence HAVAS à Nantes) et M. H. DURAND-GASSELIN, bien appuyés par des hautes personnalités du gouvernement, demandent la séparation de la Plaine et de Préfailles.

    Après de multiples demandes Préfailles est proclamée Commune par le Président FALLIERES, le 19 Février 1908.

    Pourtant la vogue de la Source baisse un peu après l'engouement des années précédentes qui voyait quelques 200 à 300 buveurs disséminés sur les rochers.

    On se contente d'aller chercher l'eau pour la consommation familiale et c'est ainsi que M. Rémy DURAND-GASSELIN se souvient que chaque matin avec ses deux frères tout jeunes, ils allaient sur la corniche de la source, se relayant pour porter deux lourdes cruches en grès. Leur grand-père, Hippolyte, n'aurait pas admis à sa table une autre eau que celle-ci.

    Il octroyait généreusement, chaque semaine, à chacun, une pièce de cinquante centimes, de quoi acheter cinq sucres-d'orge "Pierrot Gourmand" chez Mme ROYER.

    Pendant les années qui ont précédé la guerre de 1914, ils n'étaient pas les seuls à aller remplir leurs "bues" à la source même, un peu avant les heures de repas.

    En 1921, quand Préfailles est devenue station touristique, il est à peine question de cette pauvre source et les estivants se contentent d'aller quérir leur eau un peu plus loin, à des pompes réputées ferrugineuses mais dont l'eau possède un goût moins prononcé.

    A l'heure actuelle, une analyse régulière est pratiquée et ses résultats affichés vous assurent que l'eau de la source est toujours potable. Son débit a été mesuré le 5 mai 1979, il était de 135 litres à l'heure.

    Vous qui passez par là, goûtez-y, son goût vous surprendra un peu : c'est du fer que vous buvez et songez que grâce à elle et au climat vivifiant de Préfailles bien des enfants ont été sauvés de la «scrofulose» et que bien des familles ont fait souche à Préfailles.

N.B.: la plupart de ces renseignements ont été puisés dans le livre de Paul MYON édité en 1909 sur Préfailles.
Voir aussi: La Grande Plage et le Casino de Préfailles

 
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