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Pages supplémentaires:
Le travail du saunier en photos (marais salants de Bourgneuf en 1969)
L'exposition actuelle sur le sel
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| 1 - Etier (canal d'eau de mer)
2 - Mestières (l'eau se décante et s'échauffe) 3 - Fontermain (réserve d'eau) 4 - Autermain (canal central) 5 - Oeillet 6 - Toisselier (tas de sel) 7 - Salorge (hangar à sel) |
8 - Seisse (voir photo plus
bas)
9 - Barrières ou "étendières" 10 - Charreau (chemin) 11 - Tas de bousats (bouses de vaches séchées servant de combustible) 12 - Tablette pour entasser le sel 13 - Coëf (buse en bois - voir photo plus bas) 14 - Boirate (abreuvoir pour bétail) |
Le travail du paludier:
(Au sud
de la Loire on disait "saunier" et non "paludier". Nous employons ici le
terme "paludier" par souci de simplification.)
Au printemps, on
met le marais salant à sec pour le "limer" (le nettoyer).
Quelques heures après, le sel égoutté est porté hors du marais à la brouette (naguère encore, à dos d'homme), soit dans la "salorge" (7) (baraque de terre et de bois) soit à un gros tas conique, le "tesselier" (6) (ou "toissier") que l'on recouvrait il y a peu de roseaux et de terre. |
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Les marais voisins de BOUIN datent du VIIème siècle, mais les premiers endiguements ont pu être réalisés sous l’influence des Romains au début de l’ère chrétienne.La véritable conquête des marais remonte aux XIème, XIIème et XIIIème siècles et porte la marque des grands aménagements monastiques de l’époque.
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L’activité salicole a connu des récessions nombreuses à partir du XVIIème ( guerres, envasements, tempêtes). Son apogée se situe au XVIème siècle. A partir du XVIIème, c’est le déclin. A la fin du XVIIIème et au début du XIXème, BOURGNEUF entreprend de grands travaux de poldérisation: rectification du tracé des étiers, déplacement de structures portuaires et création de mattes agricoles. De nouveaux espaces sont gérés en eau douce.En 1818: un aqueduc, le couef BARAUD, permet aux marais du N.O. de prendre l’eau salée directement en mer.
En 1880-81: construction de l’écluse du COLLET dont la fonction doit permettre:
- d’écouler les eaux douces du Falleron (bassin versant agricole de 20 000ha)
- d’effectuer sur les vases qui encombrent le port du Collet un effet de chasse.
- de prélever de l’eau salée à marée haute afin d’alimenter les marais salants encore en activité.En 1959: construction de l’écluse du FRESNE afin d’éviter l’introduction d’eau salée en amont. Cette installation contraint à la gestion en eau douce tous les marais situés à l’est de la route joignant La Rivière aux Guérins au pont du Fresne.
En 1975: construction du vannage de MILLAC pour alimenter les marais restés en eau saumâtre.
D’après OLIVIER CLEMENT: « Les marais de Bourgneuf et des Moutiers en Retz : l’évolution d’une zone humide littorale» CEMAGREF Bordeaux.
(communication au colloque ESPACES COTIERS ET SOCIETES LITTORALES. NANTES 1986).
En 1793, on compte encore 20 000 aires saumâtres.Depuis quelques années, des marais sont remis en activité à Bouin, Les Moutiers et Bourgneuf.En 1800, elles ne sont plus que 8000 à 12000.
En 1828, les 2/3 des marais ne font plus de sel. On n’en compte plus que 2200.
En 1870, il en reste 245
En 1884 : 71
En 1921 : 60
En 1970 : fin de l’activité salicole.
Les marais salants procuraient:
- le sel
- les anguilles lors des curages
- le gibier d’eau
- les produits de la pêche dans les étiers,
mais aussi des cultures (assolement fèves-céréales) sur les bassins qui profitaient de la fertilisation des boues de curage en basse saison.Les céréales, présentes encore largement entre les deux guerres, ont cédé la place à l’herbe. Les salines abandonnées au XXème siècle sont utilisées pour la pisciculture extensive selon un nouveau cycle d’exploitation de 3 ans. Mais cette activité connaît aussi des difficultés. Sur la vingtaine d’exploitants restants, 12 sont agriculteurs et 2 pêcheurs-ostréiculteurs. Les autres ont des professions diverses.
75% des 300 bassins en eau saumâtre ne font plus l’objet d’aucune activité de production.
21% sont encore utilisés par les anguillicultures et 4% par l’élevage de la palourde.A ce net déclin des activités productives, s’oppose le développement des pratiques de chasse d’abord dans la partie en eau douce et maintenant dans celle en eau saumâtre.
Les marais sont loués ou achetés, leur entretien n’est plus assuré, et parfois la communication avec l’étier est coupée. Mais le prix des parcelles augmente et la tentation de vendre pour la chasse des terres en abandon est grande.
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