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Le Petit train de Pornic à Paimboeuf...
 
    Parmi les personnes habituées de la côte ou les habitants de la région, qui ne se souvient du petit train à voie métrique dont la ligne desservait les localités et les arrêts facultatifs le long de la Côte de jade ?

    Annoncé par le halètement de sa locomotive ou le mugissement de sa sirène, traînant ses petits wagons, dont ceux de voyageurs étaient en bois de teck, oscillant, cahotant, il s'en allait allégrement à une vitesse d'environ vingt-cinq à l'heure, sauf panne bien entendu. Il longeait les champs, se cachant derrière une haie, ou tout bonnement suivait l'accotement des routes qu'il traversait d'un brusque virage sans barrière ni signalisation.

    Dans les stations balnéaires de Tharon et de St-Brévin, il empruntait les allées de pins et même les rues sans pour autant se formaliser. Aux jours d'affluence, pendant la saison estivale, les voyageurs parfois descendaient pour alléger le convoi et pousser pour aider à gravir la côte de Ste-Marie par exemple.

    Dans les gares l'arrêt était plus ou moins long, car il fallait assouvir la soif de la machine et celle des voyageurs. La buvette de la gare était souvent fraîche et accueillante.

    La ligne allait de Pornic à Paimboeuf en suivant le contour de la côte. Pornic et Paimboeuf étaient les têtes de ligne assurant les correspondances, avec le Nantes-Pornic et le Nantes-Paimboeuf où vous aviez tout le temps nécessaire pour changer de train.

    Préfailles était le bout du monde, là où par une manoeuvre savante la locomotive changeait d'extrémité vers Pornic ou Paimboeuf.

    Les voyages étaient longs et pleins de charme. On avait le temps d'apprécier le paysage et le confort très relatif des bancs de bois. La Plaine faisait office de plaque tournante suivant que ce petit train s'orientait dans l'une ou l'autre direction.

    D'après les horaires, le service comprenait deux voyages par jour. L'on partait de Paimboeuf le matin pour y retourner avant midi ; puis vers 13 h 30 pour être de retour vers 19 h. Il fallait tout ce temps pour faire les soixante kilomètres du parcours. Le trafic en été était des plus importants : on compta sur le Pornic/Préfailles, quatre allers et retours quotidiens.

    Les gares construites sur le même modèle, étaient des bâtiments sommaires et austères, avec une seule porte-fenêtre au rez-de-chaussée et un quai de débarquement extrêmement réduit ; certaines d'entres elles (Pornic, Préfailles, Paimboeuf) étaient dotées d'un étage, et les deux terminus d'une remise à locomotive.

    Le passage du train était un événement de la vie quotidienne: pour passer le temps ou faire un arrêt dans le travail des champs on allait voir passer le train et se moquer un peu de la tête des voyageurs.

    En gare, l'été, il y avait toujours un peu de fièvre provoquée par les curieux gênants, les arrivées et les départs des familles, les véhicules transportant les valises et les marchandises. Le stationnement n'était pas limité, c'était un désordre de bon aloi, beaucoup de bruit, des interpellations joyeuses, puis, le train reparti, le calme revenait sur cette place, ou seul un chien habitué du lieu croquait une croûte de pain ou une miette de biscuit échappée de la main d'un bambin.

    Ainsi, était le petit train dont le département de Loire-Inférieure avait doté la région en 1906. Il devait rendre de grands services et contribuer au développement des stations balnéaires, mais il ne put s'adapter au progrès, étant trop lent et inégal. En 1936, la locomotive fut remplacée par une automotrice qui roulait à 45 à l'heure. En 1937, elle fut remplacée par un autorail qui atteignait 70 à l'heure. En 1939 ce fut le glas du petit train, car avec la circulation automobile naissante, on eut à déplorer plusieurs accidents, et un service d'autocars remplaça ce moyen de transport. Il ne reste rien de cette époque, sinon en certains endroits un reste de ballast transformé en sentier pédestre.

    C'était le temps où les plages étaient fréquentées par les propriétaires de villas, la clientèle des hôtels, ou par ceux qui louaient chez l'habitant.

    Les "trains de plaisirs", expression de l'époque, ne dépassaient pas Pornic, laissant en passant aux Moutiers et à La Bernerie, une clientèle qui avait tout loisir de prendre contact avec les gens du cru, douaniers sur le sentier, paysans, pêcheurs à pied, et de respirer à pleins poumons l'air du large dans la solitude éventée de la Pointe St Gildas.

...et de Bourgneuf à Saint Gilles Croix de Vie

Fromentine 1910
    Un frère du petit train de Pornic fut mis en service entre Bourgneuf-en-Retz et St Gilles-Croix-de-Vie, en 1923. Comme lui, il transportait des voyageurs mais aussi des marchandises, surtout le fumier venant des fermes du marais et destiné aux maraîchers de la région nantaise. Celui-ci était chargé dans ces petits wagons de la ligne Pornic/Nantes.

    Le petit train desservait les gares de Bouin-Beauvoir-Fromentine. A cette gare en bout de ligne existait une plaque tournante permettant à la locomotive de changer sa direction. De Fromentine le train continuait son périple vers la Barre-de-Monts, Notre-Dame-de-Monts, St-Jean-de-Monts et enfin St-Gilles.
    N'ayant pas une force motrice excessive, il fallait quand même dans ce pays, au passage des ponts jetés au-dessus des étiers et donc surélevés de la  chaussée, de temps en temps descendre et pousser le convoi afin de continuer sa route. Il suivait l'accotement, se tortillant en frôlant les tamaris et brusquement traversait la route sans crier gare, comme voulant se jeter dans la douve parallèle à son chemin, et enfin après quelques arrêts, cahin-caha, rendait sa liberté à une foule bigarrée et joyeuse de retrouver les amis, les parents, et à la belle saison les plaisirs de la plage et du port de pêche.

    Le petit train se faisait un voyage par jour, dans la direction de Bourgneuf, le jour du marché dans cette ville. Tout le long de la route, il prenait au passage les fermières du marais encombrées de paniers contenant la volaille, le beurre, les oeufs, destinés aux consommateurs de la région, à l'emplacement de l'actuel rond-point à l'entrée de Bourgneuf. Ces fermières descendaient et à pied se dirigeaient vers les halles toutes proches car à cet endroit le petit train obliquait à gauche vers le village des Puymains et la gare, où un nettoyage et une révision de la mécanique lui permettaient le lendemain de reprendre sa route vers le soleil et la mer.
    Mais toute chose a une fin : 1947 vit l'arrêt de ce moyen de transport auquel quelquefois un cycliste en retard s'accrochait.


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