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Pays de Retz
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Dans cette page:  Outils agricoles  -  le blé  -  la vigne  - les loges
Translation: EnglishTraducción: EspañolÜbersetzung: Deutch
Travail de la terre
 

Les vieux outils agricoles

    Deux salles sont consacrées au travail de la terre, elles offrent toute la panoplie des outils en usage avant la mécanisation agricole, dont l’apparition remonte seulement au début du 20ème siècle.
    Ce sont d’abord les «outils à main» des agriculteurs de tout temps. Ceux à débroussailler: serpe, croissant... ceux à défricher: pielle (houe), crocs... ceux à sarcler: sarcleuse... et tout l’attirail du faucheur au moissonneur: faux, faucille, biette (aiguille à lier les gerbes), fourches en fer et en bois... tarare (machine primitive pour séparer le grain de la «balle»...
    Des instruments tractés primitifs sont aussi présents: araire à soc en bois, herses, rouleau à adouber (à modeler les sillons)... et les modes d’attelage des boeufs (ambiets, jougs...). Le boeuf fut très longtemps l’animal tracteur jusqu’après la guerre 14-18 où il fut un peu supplanté par le cheval, puis vint le tracteur après la seconde guerre mondiale.

    La première salle présente la culture du blé, le foin et le bois.
    La seconde présente le travail de la vigne et du vin.

    Ne soyez pas étonnés si certains outils sont peints en bleu (un peu comme ce texte), c'était là leur couleur d'origine!
Certains gros outils agricoles (tarare, charrette..) exposés ici sont présentés comme neufs.
En effet, les éléments en bois de ces machines faisaient l'objet d'un entretien régulier. Les couleurs employées étaient celles qui étaient utlisées par les artisans de l'époque (en général, le bleu charron). Les outils n'étaient pratiquement jamais repeints, sauf quelquefois les roues refaites au goudron.
Les parties métalliques, comme, par exemple, les oreilles (socs) de charrues étaient passées à l'huile de vidange, ou frottées avec une couenne de lard. La peinture avait un rôle de protection plutôt que de décoration.
On a davantage l'habitude, aujourd'hui, de voir ces vieux outils sans trace de couleur (et souvent rouillés). Ce n'était pas le cas au début du siècle dernier et jusqu'entre les deux guerres, où ils faisaient l'objet d'une grande attention de la part de leurs utilisateurs.

Voici ce que nous savons à propos du bleu charron:
Essence de térébenthine 3/4
Huile de lin 1/4
Ocre bleu
Sicatif
Faire macérer la poudre d'ocre dans l'huile avant de faire le mélange.
Cette peinture n'exclut pas l'usage de lazure ou autres produits de protection.
La culture du blé 
    Comme dans le reste de la Bretagne et en Vendée, le Pays de Retz vivait de polyculture: blé, millet, lin, vigne, fèves et élevage.
 
    Le blé dominait, bien qu’on ne pût effectuer de gros travaux avec l’araire en bois
et la herse cintrée qui épousait la forme du sillon.
   On pratiquait une succession de petites opérations.
   Pour préparer la terre en vue des semailles, on «égaillait» (répandait) du fumier dans les «raises» (creux du sillon). Un premier tour de charrue enfouissait le fumier, puis on semait à la volée. Un autre tour de charrue «curait» (recouvrait) la semence. 
    La finition se faisait au râteau.

    En décembre, le blé levé, les femmes «paraient» le champ, arrachant patiemment les mauvaises herbes au «bêchon» et à partir de 1900 à la «cercleuse» (sarcleuse) à 6 dents.
    Le tallage se faisait au rouleau de pierre ou, vu la forme fréquente des sillons, à la "galoche à adouber" (rouleau biconique en bois puis métallique).
   En avril-mai, nouveau nettoyage à la main si les mauvaises herbes poussaient trop.
    En juillet commençait la «métive» (coupe à la faucille à hauteur du ventre).
    Par la suite on coupa le blé avec la «faux à gueuillouer».
    Dans la coupe à la faucille on «gueuillouait» aussi avec une fourchette de bois fixée sur la jambe.
    Les javelles étaient liées en gerbes à l’aide d’une ficelle avec une «biette» (sorte de grosse aiguille) , ou des poignées de paille rapidement tressées.
    On battit au «fia» (fléau) jusque vers 1890.
    On séparait le grain de son écorce («balle» et «baillet») les jours de grand vent avec un «diable» ou van.
    Le grain était ensuite rassemblé avec un «rouable»,
puis mis en sac avec une pelle en bois pour être monté au grenier.
    Plus tard la séparation du grain de sa «balle» se fit au tarare: une manivelle permettait de mouvoir des pales qui créaient une ventilation, et d’agiter des tamis sur lesquels la récolte était déversée.
    A partir de la fin du 19ème siècle apparurent les "machines à battre" actionnées par des locomobiles à vapeur.
La vigne
    Au Pays de Retz la culture de la vigne se pratique dans un cadre polycultural. C’est sur les terres sablonneuses de Machecoul, de Bourgneuf -Les Moutiers et de la cuvette de Grand-Lieu qu’elle prospère.

    Dès février on taille la vigne au sécateur; autrefois était utilisée une «serpette à tailleron».
Après la taille, on «déragoulait» (déchaussait) à la «pielle» (houe). Les rangs sont «chaussés» au printemps à la charrue.
    De juin à septembre on soufre au soufflet contre l’oïdium, et on sulfate (on dit qu’on «médecine») contre le mildiou.
    Fin septembre les vendanges commencent; le raisin est coupé au sécateur (jadis à la serpette ou au couteau).
    Il est transporté à l’aide de baquets ou «seilles» dans les «basses» ou «cotrets».
    Là il est foulé au pilon. Les basses sont sorties de la vigne sur une civière et chargées dans la charrette qui amène la récolte au pressoir. Les plus anciens pressoirs étaient à «long-fût», plus tard ils furent à cage.
    L’écrasement préliminaire du raisin est complété par passage dans un moulin à rouleaux dentés mus à l’aide d’une manivelle, puis la «rape» est installée en un échafaudage consolidé avec de la paille dans la maie du pressoir. La paille était utilisée pour les raisins gras (Noah, Baco blanc) dont le «sec» avait tendance à glisser.
    On le recouvre d’épais madriers et on le serre en tournant à bras la vis du pressoir jusqu’à expression maximum du jus; on desserre alors le pressoir, on démonte les madriers, on recoupe les bords du «sec» (ou «cep»), avec «le couteau à sec». La carye est remontée sur l’échafaudage de rape pour être recomprimée une seconde fois.
    Le jus ou «moût» s’est écoulé dans le «jarleau» ou cuve enfoncée dans le sol; on l’y puise avec la «quenette» pour «l’entonner» dans les barriques avec un entonnoir spécial. On complète en «avouillant» après fermentation.
   Quand le vin est nouveau, qu’il a «bouilli» on le goûte à la pipette, ou en «tirant» au fausset. Les barriques vides ou entamées sont «méchées» à l’aide d’une «mèche», bandelette soufrée qu’on enflamme et qu’on introduit dans la barrique par le trou de bonde. On les débarrasse du tartre ou «gravelle» en les rinçant avec une chaîne introduite par la bonde; à la cave les barriques reposent sur des «tins».
    Naguère les crûs correspondaient aux cépages suivants: Othello, Noah, Auxerrois, Gaillard et parfois Rayon-d’or, Alicante, Muscadet.
    De nos jours ils sont remplacés par: Gros-Plant, Grolleau, Seibel 5455.

    L’origine de la vigne semble très ancienne dans notre région: des pollens fossiles semblent indiquer de vastes étendues de vignes sauvages sur la rive nord du lac de Grand-Lieu vers 7000 avant notre ère. Des pépins de raisin ont été retrouvés dans les fossés du camp gaulois du Sandier à Pornic; mais c’est au IIIème siècle de notre ère que l’Empereur Probus autorise la culture de la vigne en Gaule.
    C’est dans la chronique de St-Hermeland, au Vllème siècle, qu’on retrouve les premières mentions de cette culture dans notre région.

    La cave expose la plupart des outils cités.
 

Les "loges"
    Maurice ORTAIS, ancien conservateur du musée, a mis en place une « loge » en réduction dans l’une des salles réservées à l’agriculture.
La loge du Pays de Retz était autrefois un abri entièrement en bois, destiné à entreposer le matériel agricole. L’origine de ce type de construction remonterait à la période gauloise.
    Maurice ORTAIS nous décrit ici la façon dont les loges étaient encore construites au Pays de Retz, il y a une quarantaine d’années.

    Construction typique du Pays de Retz, la loge est peut-être l’une des premières habitations de nos ancêtres. Elle possède différentes variantes qui n’ont de la construction initiale que le nom, comme ce hangar à piliers de pierres dont les intervalles sont fermés par des végétaux, genêts, bruyères, brandes, la charpente construite par le charpentier du pays et la toiture couverte de roseaux, les «roux», provenant des vasières du fleuve, ou de massettes du marais tout proche, le «pavois».

    La loge que l’on trouve au coeur du Pays de Retz était entièrement construite par le paysan. C’était un travail de la saison hivernale demandant beaucoup de temps.
    Des arbres, des têtards, étaient arrachés, écorcés - toutes les pièces de bois l’étaient - et plantés à une bonne profondeur.
    Afin de soutenir la charpente, au milieu du pignon, un poteau plus long, le «grand neuf», supportait la «filière» sur laquelle reposaient les chevrons. La base de ces chevrons s’appuyait sur une autre filière posée sur la tête des poteaux latéraux. Les chevrons étaient reliés deux par deux par des chevilles - des «cheveuilles» - et, afin de rester fixes, ils étaient aussi munis à la base et à l’intérieur d’une cheville en bois ou, pour plus de solidité encore, d’une dent de herse, car tout le poids de la charpente se portait à cet endroit. Il faut préciser qu’à l’entrée de la loge il n’y avait aucun poteau central qui aurait interdit l’entrée à un véhicule.
    La filière était solidaire des chevrons par une ou plusieurs clés formées de trois pièces de bois portées très haut par les chevrons, passant sous la filière et la supportant pour former ainsi un assemblage solidaire.
    Sur les chevrons, étaient liées avec des liens de bois, ou «rouartes», des branches de moyenne grosseur afin que la paille des grands blés rouges de l’époque, servant de couverture, ne passe au travers. Les intervalles entre les poteaux du pourtour étaient clos avec du genêt ou de la brande ( c’était les «queuillois» ) maintenus par des barres et liés aussi avec des liens de bois.
    Un mur de terre glaise, plus ou moins haut, provenant du creusement d’un abreuvoir ou du terrain communal, ceinturait la construction. De chaque côté de l’entrée, une grosse pierre servait de «chasse-roue».
chasse-roue à l'entrée du musée

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