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Pays de Retz
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L'épicerie
 
    Dans nos campagnes le commerce d'objets usuels fut longtemps l'apanage des colporteurs et des marchands forains.
    Dans les bourgs un peu avant le début de notre siècle s'ouvrirent les premiers magasins: les épiceries. Souvent la devanture était bien modeste, et comme de nos jours, on pouvait reconnaître les saisons grâce aux objets exposés:
- les grands cierges au moment des communions
- quelques jouets et les «pommes d'orange» à Noël
- plumes, encriers, ardoises à la rentrée...
    Les gros bocaux de bonbons captaient le regard des enfants, de modestes parures en celluloïd celui des coquettes. Sur les étagères parfois bancales on y retrouvait une foule d'objets usuels: vaisselle en faïence blanche ou aux couleurs vives: assiettes, tasses, bols, soupières... pots, bues (cruches) en grès, les casses (grands plats rectangulaires)...
    Il y avait aussi les chaudrons, les marmites et les cocottes en fonte, les instruments de cuisine en fer étamé: pots, presse-purée, hachoir à manivelle, avouillettes (entonnoirs), les cuillers et fourchettes en étain.
    Un peu plus tard la tôle émaillée blanche ou colorée amena des casseroles, des plats, des pots... dont les formes changèrent peu.
    On y vendait aussi des moyens d'éclairage: chandelles, lampes à huile, puis à pétrole en verre en étain et en laiton, des moules à fabriquer les bougies en étain ou en tôle, des pièces de remplacement: mèches, becs de lampe, verres...
    Les moyens de chauffage culinaires étaient représentés par de petits fourneaux à charbons de bois en tôle et fonte, puis apparurent les réchauds à pétrole et à essence où la flamme bleue était vue à travers un mica. A côté on y trouvait le fourneau en fonte pour chauffer les plaques à repasser, et le tamis à récupérer les charbons de bois des tisons de la cheminée: voyez combien on était économe !

    L'épicière vendait aussi des denrées alimentaires: la sardine saurette, le hareng fumé qui sentaient fort et étaient conditionnés en de petits barils plats; le sel, le café en grains vert ou torréfié. Elle en assurait souvent la mouture devant la cliente perdant son souffle en tournant la manivelle de son grand moulin fixé sur une étagère basse.
    Elle distribuait aussi le sucre dont elle cassait les gros pains côniques en petits morceaux à l'aide d'un marteau puis entre les machoires de son casse-sucre. Elle le pesait sur sa balance aux plateaux de laiton, à l'aide de poids en fonte ou en cuivre rangés tout près.
    En un mot elle vendait la nourriture qui n'était pas production locale.

    Souvent existait un rayon mercerie où l'on trouvait des boutons en os, en corne..., des baleines pour corset initialement en fanons de baleine puis en acier, des cols de chemise, du fil à repriser, des aiguilles... et aussi quelques tissus...

    Tous ces objets domestiques ne sont plus en usage de nos jours et disparaissent: l'énergie électrique a chassé les manivelles des moulins à café, des hachoirs, des presse-purée et de multiples autres instruments autrefois mus à la main; de nouveaux matériaux (aluminium, aciers inoxydables, plastiques...) ont chassé la fonte, l'étain, le fer étamé puis émaillé.

    De nos jours, ce sont presque des fossiles archéologiques signant les étapes évolutives du début de notre siècle. Les grandes surfaces remplacent les petites boutiques des épicières loquaces et pourtant bien sympathiques, où le gros sou de bronze de l'écolier d'autrefois se transformait en sucre d'orge au sortir de la classe.
 


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