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L'école
du début du siècle, que de souvenirs...
Les classes
étaient contigües au bâtiment de la mairie et dataient
de la même époque, avec leurs tables de bois noir, les encriers
de porcelaine, l'encre violette et les plumes "Sergent Major".
L'instituteur mettait toute
sa bonne volonté et son savoir à faire pénétrer
les connaissances ardues du français et des trains se croisant à
différentes vitesses.
Tous les
élèves étaient attentifs car les sanctions ne faisaient
jamais plaisir: ne pas jouer à la récréation (à
la pierrette ou aux marbres) ou faire des lignes, personne n'était
à l'abri, depuis le fils du commerçant aisé toujours
tiré à quatre épingles et souvent tête de classe
jusqu'au dernier de la classe, bien placé pendant la saison hivernale
près du poêle à charbon qui donnait un peu de chaleur
à ces murs blancs et froids tapissés de la carte des chemins
de fer ou des provinces.
Le regard
de ce dernier de la classe était intelligent mais il manquait souvent
la classe car à la belle saison il fallait garder les vaches pendant
une heure ou deux avant la classe et à la mauvaise saison, s'il
habitait le marais, il sortait à 3h au lieu de 4h car, le Falleron
recouvrant les "charreaux" (chemins) du marais, il rentrait à la
maison en conduisant la yole de chasse de son père.
Il savait
très bien compter car tous les soirs il fallait compter et recompter
les dizaines de canards de l'élevage familial qui rentraient de
chercher leur pâture. Il savait aussi bien lire car, très
jeune, il avait maintes fois tourné les pages du vieux syllabaire
de son grand-père. |