Page
                    d'entrée
Musée
Pays de Retz
Plan du site
courrier-renseignements
                    pratiques
Marchés au Pays de Retz
 
Une vue de l'exposition

    Dès la préhistoire, les marchés existent. C’était l’échange des fruits de la cueillette et de la chasse, des outils de pierre, c’était le troc, coutume qui existe encore de nos jours.
    Les cachets, ancêtres de la monnaie, firent leur apparition 5000 ans avant notre ère, puis vinrent les cylindres en 3000 avant JC. Ces lingots furent divisés en pièces an 600 avant JC, en Lydie.
    Au fil des siècles, cette valeur du métal se dégrada. Après l’or, et l’argent, fut utilisé le bronze, puis l’aluminium, puis le papier.
    Actuellement, les marchés de campagne que nous avons connus avant guerre n’existent plus.
Dans les marchés, actuels, il y a bien des commerçants en vêtements, fleurs, alimentation, chaussures, mais nous ne voyons plus les gens de la campagne arrivant, par exemple à Ste Pazanne, chaque Vendredi en voiture à cheval ou à bourriquet, ou encore à pied tirant une cage de poulets à point pour la rôtissoire.
    Ici, les femmes et les filles des fermes petites ou grandes se dirigeaient vers les halles avec au bras, panier de beurre ou d’oeufs, le beurre vendu par livre, et les oeufs treize à la douzaine.
    Au son de neuf heures, le garde champêtre coiffé de son képi, et portant au bras la plaque «La Loi» montait sur une estrade, annonçait les faits à savoir (les gens disaient «les faites») et l’ouverture du marché. Les transactions pouvaient commencer.
    Il y avait des éclats de voix car une vendeuse présentait des oeufs trop avancés, une autre avait mis une pomme de terre dans une livre de beurre; mais les marchandes venues de la banlieue nantaise ne s’en laissaient pas compter.
    Ajoutez à cela le cocorico des coqs à la crête écarlate se croyant à la fête, et c’était dans les halles un tintamarre épouvantable. Fuyant tout ce bruit, le garde champêtre, accompagné de quelques amis était au café le plus proche à déguster une chopine de gros-plant du cru.
 Sur la place, les commerçants offraient leurs étalages: marchandes de poissons du village de Passay sur les rives du lac de Grandlieu (les «Passys»), de St Gilles à la saison des sardines, de Bourgneuf avec les coquillages de la baie, rigadeaux, avignons, marchands de tissus en coupons, de victuailles, de fouaces de Ste Lumine de Coutais, de chapelets, de médailles, et puis dans les années 1925-1930, les premiers primeurs: oranges, bananes, cacahuètes.
    Au printemps, les jardiniers proposaient les plants de laitues, de choux, et les graines de betteraves et de navets.
    Un camelot menait grand bruit, à coups de masse, il défonçait un baquet à lessive en tôle galvanisée, ou il tendait une pile d’assiettes à une personne de l’assistance qui tendait la main; mais hélas, la vaisselle se fracassait sur le sol. (Ces produits ne coûtaient rien, mais quelle honte pour la femme ou la fille qui avait tendu la main).
    Au coin de la rue, le marchand de chansons, accompagné de sa chanteuse jouait à l’accordéon des airs nouveaux. C’était «Le chaland qui passe» ou «Bercé par la houle». Des jeunesses chantaient en sourdine, rêvant déjà à Cupidon.
    A Machecoul, le marché avait lieu tous les mercredis de chaque mois. Ce marché, très coté, présentait un déballage important de marchandises arrivées en véhicules automobiles, des De Dion Bouton, des Berliet. Les marchandes de poisson de Bouin, de Bourgneuf, proposaient crevettes grises, coques et raies.
    Les véhicules hippomobiles arrivaient avec la volaille, le beurre du marais à la saveur iodée, les oeufs et les canards. Il y en avait partout, sous les halles, très loin, sur les trottoirs de la rue St Honoré. Beaucoup arrivaient du marais transportés par ces grandes yoles qui remontaient le Falleron. Les cages étaient descendues Place du pont derrière le café de «La Grâce de Dieu», où les hommes du marais allaient prendre un café et une bonne goutte avant de vendre leurs volatiles aux marchands venus de Challans.
    Des yoles remontaient aussi un bout d’étier à droite du presbytère actuel. c’étaient des centaines et des centaines de canards, qui, accroupis dans leurs cages basses, lançaient leurs coin-coin nostalgiques aux violents échos de la ville.
    Le marché terminé, beaucoup de gens du marais ou des champs déjeunaient dans certains cafés, où, à une époque, il se vendait du ragoût à la louche.. Après ce frugal repas bien arrosé, c’étaient les jeux de cartes, et le soir, dans les étiers du marais, la yole filait comme une flèche, ou bien zigzaguait avec à l’arrière une passagère apeurée.

    Bourgneuf-en-Retz avait aussi ses halles et son marché, le samedi de chaque semaine. Les marchandises présentées étaient les mêmes que sur les autres marchés de la région: les fermières et leurs livres de beurre de la route de Bouin arrivaient par le petit train qui allait de Bourgneuf à St Gilles. Ces femmes attendaient son passage au bout de la "charreau" (chemin), l’arrêt était facultatif.
    Les cultivateurs de la région, venus en voiture à cheval en profitaient pour acheter quelques décalitres de sel sentant la violette afin de conserver pour l’hiver les morceaux de lard et le jambon du porc qui était ou devait passer de vie à trépas.

    De ces marchés disparus où régnait une familiarité, une ambiance de bon aloi, il ne reste encore que quelques halles.
 
 

Les Marchés - Les Halles

    A St Père-en-Retz, où il n’existe pas de halles, le marché se tenait sur la place devant l’église, le Dimanche matin. On y trouvait du beurre, des oeufs, et à la saison des civelles, des personnes de Frossay et des environs venaient vendre ces alevins d’anguilles qu’elles avaient pêché du bord du fleuve. Les pains de civelles, moulés avec une grande tasse à café étaient présentés sur un linge immaculé.
 

Machecoul

    Les Halles actuelles furent édifiées par la municipalité présidée par Monsieur de la Biliais vers 1890, en remplacement de l’ancienne cohue. Elles sont dans le style des pavillons Baltard (architecte 1805-1874) qui construisit les halles centrales de Paris, le montant de la construction s’éleva à 60.000 F. de l’époque.
    Les anciennes Halles «La Cohue» dataient du 13ème siècle. En 1235, Béatrix de Machecoul donna ces halles comme revenu aux moines de l’abbaye de Fontenelles, près de la Roche-sur-Yon. Elles étaient plus grandes que les halles actuelles, et ne laissaient que l’espace du passage d’une voiture à l’extrémité Sud. Elles mesuraient 70 m. de long et 30 m. de large, avaient 8 m. de hauteur au milieu et 2 m. sur les côtés. Elles ressemblaient à celles de Clisson. Elles se divisaient en 5 travées longitudinales et 16 transversales. Sur la première travée s’élevait l’auditoire de la juridiction avec droits divers sur les marchés qui s’y tenaient chaque semaine et aux cinq foires annuelles.
    La petite histoire veut qu’un ivrogne du pays s’était appuyé à l’un des montants de chêne qui s’écroula. On craignit alors pour le reste de l’édifice, il fut abattu et remplacé par les halles que nous voyons aujourd’hui.
 

Le Pellerin

    Le marché du Pellerin fut créé par le Roi en faveur du Sieur de Vigneux, par lettres patentes de 1652, ainsi que deux foires annuelles, à cette époque, le marché se tenait sur une place que l’on nommait «place de la cohue». Il se tenait de part et d’autre du Port Brutus qui débouche à la Loire, là où les pêcheurs vendaient leurs poissons: aloses, plies, lamproies, à même le quai.
    Les halles situées rue du Docteur Sourdille furent construites en 1890 sous le mandat de M. Pichery, maire du Pellerin, sur un terrain acheté par la commune. La charpente est en bois, la couverture en ardoises, avec des parties vitrées.  Il y a trois travées:  une de 11 m. par 22 m., et deux de 8 m. par 22 m. La façade est enjolivée par une grande frise de bois découpé.
    En 1891, le conseil vote l’achat de grilles pour clore le marché couvert, les jours où il n’est pas utilisé, et d’une cloche qui rythmera les achats, car les vendeurs devaient attendre le son de la cloche pour acheter les produits fermiers.
    Le comité des fêtes et régates du Pellerin demande à la municipalité l’installation d’une salle des fêtes dans l’une des trois travées de halles. Elle sera réalisée et terminée en 1929 par un vitrage posé sur un châssis métallique réalisé par M. G. Brossaud, forgeron, dans lequel on trouve les initiales entrelacées de «Salle des Fêtes». Elle sera utilisée le samedi par les gens de la campagne qui vendront leurs produits fermiers, mais également pour des séances, des bals de noces, etc..
 

Ste Pazanne

    Au coeur du bourg même de Ste Pazanne, les halles ont occupé la place du même nom pendant soixante ans.
    Mais il y a bien longtemps, une première halle existait déjà. Elle avait été bâtie par l’écuyer Jean Robert, sieur du Moulin Henriet, de Ste Pazanne et d’autres lieux, «pour la commodité de ses foires et marchés».
    C’est en effet le seigneur du Moulin Henriet qui percevait les droits de coutume aux foires de la S Yves, du 15 Avril, et de la Sainte Madeleine; ainsi qu’au marché public qui se tenait, comme de nos jours, le Vendredi de chaque semaine.
  La halle fut construite devant le four à ban seigneurial à une date comprise entre 1679 et 1699.
    C’est à l’emplacement de l’ancienne église que les halles furent édifiées en 1906.
De nombreux ossements furent mis à jour car un cimetière entourait cette église.
    Pendant soixante ans, les marchés se sont tenus dans et autour de ces halles de style pavillon Baltard, avec notamment un marché aux poissons à l’extérieur. Parmi les habitués du marché de Ste Pazanne, la maison Eraud-Barteau de St Philbert de Grand Lieu, qui, installée devant l’épicerie de Mathurin Ecomard, vendit des chapeaux de dames pendant plusieurs générations.
    Ces halles ont également été utilisées pour des spectacles, des réunions diverses, et servaient de cadre aux gui-l’an-neuf.
    Depuis, la place des halles est devenue la place de Retz avec un premier aménagement suivi d’une nouvelle et récente transformation dominée par un curieux et contesté kiosque à pointe.
 

La Bernerie

    Il existait à la Bernerie, près de l’église paroissiale, des halles construites dans le modèle de Bourgneuf-en-Retz. Elles furent livrées à la démolition en 1977. À l’emplacement, il ne reste que le nom «Place des Halles». Au début du siècle, avait lieu le Dimanche de Quasimodo, une assemblée gagerie.
 

Paimboeuf

    Près de l’hôpital, sur la place du marché existe actuellement un auvent servant d’abri aux commerçants venant proposer leurs marchandises aux habitants de cette ville et de la région.
    Voici quelques renseignements recueillis dans les archives municipales.
    Au 19ème siècle, trois ou quatre foires se tenaient annuellement à Paimboeuf. Devant les «embarras» de circulation qu’elles créaient dans la Grand’rue, la municipalité, décida en 1805 de créer une place pour les marchés au lieu dit «Les Champs Elysées» et acheta pour ce faire les masures et les jardins qui s’y trouvaient.
    Un extrait des registres de délibérations du conseil général de la commune de Paimboeuf en date du 5 Octobre 1793 nous dit ceci:
    - «Considérant enfin que les armements des navires qui ont lieu à Paimboeuf, et le séjour qu’y font tous les vaisseaux de la République et de tous les royaumes voisins, offrent de moyens infinis aux ventes de comestibles, et autres objets qui y seront apportés, a arrêté:
    Art premier - Qu’à commencer de Mardi prochain huit de ce mois il y aura en cette ville un marché public de grains et farines qui se tiendra tous les Mardis et Vendredis à dix heures du matin, place de l’hôpital provisoirement.
    Art 2 - Que les grains et farines qui y seront apportés seront vendus au quintal, sans pouvoir excéder le maximum fixé par la loi du 3 Septembre 1793, qui doit avoir lieu dans tous les endroits de la République.
    Art 3 - Qu’il y aura dans cette ville de Paimboeuf une foire par chaque mois fixée au 18 place du Calvaire pour les bestiaux, et la place de l’hôpital et la rue de l’Égalité pour les autres marchandises.
Le conseil général de la commune fera connaître l’ordonnance de la police qu’il établira dans les dits marchés et foires d’après les lois et décrets concernant le bon ordre et la tranquillité publique.
Arrête que la présente déclaration sera imprimée, lue, et affichée et envoyée dans toutes les communes voisines et dans les endroits où il sera jugé nécessaire, à l’effet d’obtenir la publicité qu’elle doit avoir.
L.Brelet, Maire - Maillard, Procureur de la Commune - Gauin, Secrétaire, Greffier.»
    Construction des halles couvertes en 1846, redevance perçue par la commune à partir de 1832.
 

Pornic

    La ville de Pornic possède aussi ses halles. On y accède par différentes petites rues et aussi par un escalier dénommé Notre Dame de Recouvrance qui débouche place Macé dans le haut de la ville.
    Ces halles, dont la toiture ressemble à celle d’une pagode, semblent être écrasées par les très hauts immeubles qui environnement la place.
    Sa surface est d’environ 500 m² (27 m. x 20 m.). Son pourtour est une continuité de porches séparés les-uns des-autres par de nombreux piliers construits en brique rouge.
    A l’intérieur, comme dans beaucoup de halles, des bancs sont disposés afin de présenter les marchandises, le jeudi et dimanche matin de chaque semaine, jours de marché.

D'autres vues de l'exposition...


 
Liens
Visite du Musée
Facebook
Association
Patois - Traditions - Documents
Expositions-Animations
Visite du Pays de Retz
Facebook