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 La légende du loup de la Forestrie
Loup Conte de Noël
écrit par
Marie Thérèse Leduc
    Il était une fois, il y a très longtemps lorsque Chauvé s’appelait alors Chauvay et que l’étendue du marais de Haute-Perche au Clion était recouverte d’une vaste forêt.
    A l’orée de cette forêt à quelques kilomètres de Chauvay il y avait un hameau portant le nom prédestiné de Forestrie. Là vivait un couple de jeunes paysans qui avait une petite fille prénommée Nanon.
    Un soir de Noël, les parents de Nanon décidèrent d’aller à la messe de minuit. A cette époque toute la population du Pays de Retz était très catholique et allait à la messe de minuit. C’était une tradition à laquelle l’on avait particulièrement à coeur d’assister.
    Une chose cependant embêtait les parents, laisser seule leur petite Nanon. Mais malgré tout son père lui dit «Papa et maman vont aller à la messe de minuit, toi tu es trop petite pour faire la route. Tu vas rester à faire un gros dodo, pense au petit Jésus qui va venir et mets tes petits sabots au pied de la cheminée». Nanon s’exécuta, plaça ses sabots, se coucha et s’endormit.
    Les parents se mirent alors en route pour se rendre à Chauvay.
    Il était un peu plus d’une heure lorsque Nanon se réveilla et réalisa que ses parents n’étaient pas encore rentrés. La peur d’être seule commença à la tourmenter et elle décida d’aller au devant d’eux. Elle se leva, enfila quelques vêtements, tira le verrou de la porte du jardin et s’engagea sur le chemin longeant la forêt.
    Il y avait un beau clair de lune ce qui atténuait sa peur. Au bout d’un moment, elle perçut des plaintes venant de la forêt, elle y pénétra, fit quelques mètres et aperçut, alors, deux yeux qui brillaient dans le fourré. Elle entendit une voix qui lui disait «Viens me délivrer petite fille», elle avança encore un peu et vit qu’il y avait un loup, une de ses pattes prise dans un piège que des gens avaient tendu craignant sans doute des dégâts dans leurs troupeaux.
    Elle recula en disant «Ah non, tu es un loup et mes parents m’ont toujours dit de me méfier de toi, que tu mangeais les enfants», «Non petite fille, je ne te mangerai pas, je souffre terriblement et je t’assure que si tu me délivres je ne te ferai aucun mal». Alors, prise de pitié, la petite Nanon s’approcha et fit de gros efforts avec ses toutes petites mains pour ouvrir le piège.
    Le loup, heureux d’être libéré, lui lécha le front en guise de remerciement et s’enfonça en clopinant sur trois pattes au coeur de la forêt.
    Nanon sentant le froid l’envahir s’en retourna à la maison, se recoucha dans son petit lit encore tiède et resta les yeux ouverts en attendant le retour de ses parents.
    Lorsque ceux-ci arrivèrent, enfin, la petite fille leur raconta son aventure avec le loup. Bien sûr, ils n’en crurent pas un mot et son papa lui dit     «Ma pauvre petite c’est parce que tu te savais seule que tu as fait un cauchemar, mais maintenant que nous sommes là, tu vas dormir tranquillement le petit Jésus n’est pas encore passé mais il ne devrait pas tarder».
    Au matin, Nanon se leva, prit le sucre d’orge et le morceau de fouace qui étaient dans ses sabots puis reparla du loup à ses parents à qui cette histoire si fortement ancrée dans la tête de leur petite fille semblait bizarre et commençait à les inquiéter.
    Ils lui redirent qu’elle avait fait un cauchemar parce qu’elle était restée seule, qu’il ne fallait plus penser à cela, que l’année prochaine elle serait plus grande, qu’ils l’emmèneraient à la messe de minuit et que le problème serait résolu. La petite Nanon comprit que l’on ne la croirait jamais et n’en reparla plus.
    Comme toujours, les jours, les semaines et les mois passèrent et l’on arriva au Noël suivant.
    L’année passée, la nuit de Noël s’était déroulée sous un beau clair de lune, mais cette fois ci, il pleuvait. Ce temps pluvieux durait depuis plusieurs jours déjà. Les terrains regorgeaient d’eau et la pluie tombait toujours. Malgré cela les jeunes paysans décidèrent encore une fois d’aller à la messe de minuit en emmenant leur petite Nanon, comme ils l’avaient promis.
    Ils l’encapuchonnèrent de leur mieux, se mirent des sacs de jute en forme de capuchons pour se protéger la tête et le dos et se mirent en route pour Chauvay.
    La foi et la tradition étaient si fortes qu’il en fallait plus pour arrêter des chrétiens d’aller fêter Noël dans leur église.
    Le trajet de l’aller se fit sous une pluie intermittente, mais pendant la cérémonie se sont des trombes d’eau que l’on entendait tomber au dehors. Le bruit de ce déluge faisait trembler toute l’assistance.
    Sur le chemin du retour l’eau des fossés, tout pleins, dévalait en bouillonnant vers les points les plus bas.
    Nos jeunes campagnards marchaient dans la nuit noire portant parfois à tour de rôle leur petite Nanon. Peu à peu, ils approchaient de leur hameau et ils bifurquèrent par celui de la Tyffonnière situé à trois cent mètres du leur.
    Entre ces deux hameaux, deux pentes se joignaient formant un ruisseau recueillant l’eau de toutes parts.
    Il y avait en ce temps là du côté des champs de gros cailloux placés à quelque distance les uns des autres pour servir de gué à la saison des pluies.
    Cette nuit là, il avait tant plu que l’eau arrivait au niveau des cailloux. La mère passa la première, le père suivit portant Nanon sur ses épaules, mais un de ses sabots glissa sur la pierre mouillée. Déséquilibré, il tomba dans le courant qui  emmena Nanon dans le lit du cours d’eau traversant la forêt.
    N’y voyant rien, impuissants devant les évènements, les parents rentrèrent au logis. Eux, si chrétiens, en étaient presque arrivés à injurier le ciel, en raison du malheur qui venait de leur arriver.
    Ils avaient allumé le feu et étaient là pleurant et pestant lorsque, soudain, l’on frappa à la porte.
    Le père se demandant bien qui pouvait être là, alla ouvrir. Quelle ne faut pas sa surprise de se trouver face à un loup qui tenait dans sa gueule la petite Nanon par ses vêtements. Il la déposa par terre et dit aux parents «Je ramène votre petite fille, je l’ai sauvée de la noyade car l’an passé elle aussi m’a épargné une mort certaine dans d’affreuses souffrances, maintenant nous sommes quittes».
    Les parents de Nanon comprirent alors qu’il fallait parfois mieux écouter les enfants.
    Suite à ce coup du sort périlleux, la petite Nanon fut très gravement malade mais finit par s’en sortir.
    Ses parents racontèrent l’histoire qui se répandit dans tout le pays et personne n’osa plus tendre de piège dans la forêt.


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