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    Les «courtines» sont des nattes de roseaux tressés utilisées autrefois afin de recouvrir les sols de terre battue. La confection de ces nattes était l’une des spécialités de la commune de St Jean-de-Boiseau. Thérèse Herfray, animatrice de nos stages de repassage de coiffes, s’est intéressée à cette production familiale aujourd’hui disparue:
    Toute la famille est à l’ouvrage; les enfants assis sur le sol et armés d’une «fendouère», petite lame d’acier courte et effilée, fendent, suivant une génératrice d’une seule face et sur toute la longueur, chaque roseau prélevé dans le paquet déposé au milieu de la pièce de séjour de l’habitation.    C’est l’objet de la première opération.
    La seconde, qui consiste à écraser avec les pieds tous ces roseaux préalablement fendus, s’appelle «torper».
    C’est à l’aide d’un outil nommé «pouzier» que s’opére la troisième phase. Le pouzier était une sorte de long doigt de fer qui recouvrait entièrement le doigt de l’ouvrier. Celui-ci ouvre les roseaux fendus et écrasés et les aplatit avec un petit maillet en bois pour ne former qu’une tige ouverte de dimensions variables selon la grosseur du roseau. Cette opération débarrasse du roseau toutes les impuretés qui y étaient déposées.
    La dernière manipulation s’appelait «courtine»; elle consistait à étendre les roseaux travaillés sur un plancher, à les tresser et les couper selon les dimensions demandées, puis à les rassembler en paquets de six.
    On estime qu’il était expédié, bon an, mal an, de 70 000 à 80 000 paquets de 6 nattes, par voie d’eau, à Nantes. Le transport était effectué soit par les fabricants eux-mêmes, dans des toues, soit par des bateliers, moyennant une légère rétribution.
    Ces nattes se partageaient généralement en deux dimensions: les petites, de 1,20m x 1,20m et les grandes, de 1,20m x 2m. Toutefois elles pouvaient avoir des dimensions différentes selon la demande. Les petites étaient les plus vendues et leur prix variait de 45 centimes à 1 franc le paquet. Le prix des grandes dépendait à la fois de leur surface et du cours des petites.
    On estime qu’une femme pouvait gagner de 75 centimes à 1 franc par jour et un homme de 1,25 f à 1,5O f. Le salaire des enfants était variable selon leur activité. A la même époque, un ouvrier d’Indret gagnait de 1,65 f à 2 f par jour.
    On calcule encore que 48 ares de terrain plantés en roseaux rapportaient, brut, à celui qui les exploitait près de 300 f.
    La confection de ces nattes était absorbante, mais permettait aux habitants de la commune d’avoir une certaine aisance. Il est regrettable que le nom de la personne qui, la première, a introduit cette branche d’industrie à St Jean-de-Boiseau ne soit pas connu.
Thérèse HERFRAY.

 
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