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La roue - Le charron
    C’est dans l’atelier du potier que l’on fit une découverte aussi importante que celle du feu: la roue. Il s’agissait d’un disque en bois aux contours tracés par de rudimentaires compas «un bâton fourchu, par exemple» qui faisait tourner une cordelette tendue autour d’un pivot.
    La roue constitue le type de tour le plus simple, grâce auquel l’artisan, en peu de temps, donnait une forme parfaite à son vase.
    Ainsi, contrairement à une opinion très répandue, la roue ne fut pas employée d’abord pour les moyens de transport, mais c’est assurément dans ce domaine que son apport fut le plus spectaculaire. Il est en effet plus facile de déplacer des matériaux en les faisant glisser sur des rouleaux que de les porter à dos d’homme ou d’animal.
    L’idée d’un véhicule sur roues naquit vraisemblablement de cette constatation. La roue devint ainsi l’une des pièces fondamentales de toutes les machines qui furent inventées par la suite.
    En Babylonie, à Ur, furent utilisés des chars de guerre 2500 ans avant J.C. Le 21ème chapitre de la Genèse parle du char de Pharaon et des voitures à fardeaux. Les chariots de guerre du roi d’Egypte sont décrits comme ayant les roues séparées de l’essieu.
    Homère évoque au chant 23 de l’Iliade une course où est convié parmi les Achéens «quiconque se fie à ses chevaux et à son char ajusté». Les gravures du Moyen-Age nous représentent les roues des véhicules sous la forme de disques de bois épais et lourds, dont le pourtour est maintenu par des bandes de fer fixées par des clous.
En 1783, le marquis de Jouffroy fit construire le premier bateau à aubes, et en 1807, l’Américain Robert Fulton remonta le fleuve Hudson à bord du CLERMONT, bateau dont les aubes étaient mues par une machine à vapeur.
    Dans les décennies qui suivirent le Moyen-Age, les artisans charrons qui fabriquaient les différents modèles de chariots inventèrent la roue à rayons.
    Les roues des véhicules légers, dont le moyeu était tourné dans un tronc d’orme provenant des Charentes, comportaient sept jantes et quatorze rais (rayons).
    Les grosses roues de charrette fabriquées à la même époque étaient composées d’un moyeu en chêne, ou axe central, de douze rais en acacia et de six jantes en frêne reliées les unes aux autres par des gougeons de bois.
    Le moyeu, d’un diamètre de 0,30 m, était tourné sur un tour à bois actionné par un ouvrier charron. Les divisions pour l’emplacement des rais sur le moyeu étaient faites à l’aide d’un compas, percées à la tarière, et terminées à la gouge carrée.
    Après ce travail de perçage, le moyeu n’était pas toujours cerclé. La partie des rais rentrant dans le moyeu était appelée le tenon. Afin de donner plus de solidité à la roue, la largeur du tenon, dans le sens de la longueur du moyeu, faisait 1 mm. par centimètre de plus que la mortaise correspondante du moyeu, qui était de 7 cm environ. Ce surplus de cote était dénommé la tire, et ainsi le rai prenait place dans son emplacement à grand renfort de coups de masse.
    Dans l’autre sens, il n’y avait pratiquement pas de différence de mensuration, car le moyeu aurait éclaté.
    Dans le sens de la circonférence, les rais avaient un décalage de 1 cm de l’un à l’autre par rapport à la perpendiculaire au moyeu, et une pente de 1 mm par centimètre à l’épaulement afin que les rais soient obliques vers l’extérieur pour donner plus de rigidité à la roue.
    La partie du rai rentrant dans la jante était dénommée la broche et n’avait que 2 mm de tire.
    Puis le moyeu était percé dans sa longueur à l’aide d’une très grosse gouge afin d’y loger la boîte, cône de fonte, solidaire du moyeu, dans lequel pénètre l’extrémité de l’essieu fixé sous le chariot.
    Certains moyeux étaient frettés (cerclés) après la mise en place des rais.
    Après tout ce travail d’assemblage, venait celui de la pose des cercles de fer sur la roue elle-même. Le charron qui avait des notions importantes de forge faisait ce travail lui-même, ou alors il se faisait aider par le forgeron.
    La longueur du cercle de fer avait été comptée à l’aide de la roulette, petit outil d’environ 20 cm de diamètre, dont le nombre de tours sur la circonférence de la roue donnait la longueur du bandage. La pose du cercle était appelée le chatrage.
    Un brasier était allumé dans un espace en plein air. Les apprentis alimentaient ce feu à l’aide de bûches et ce travail avait lieu toujours l’été lorsque les roues étaient bien sèches. Les cercles des roues réparées avaient été raccourcis et ressoudés ainsi que ceux destinés aux roues neuves.
    Lorsque ces cercles avaient atteint le degré de température nécessaire, alors, à l’aide de pinces spéciales, les ouvriers les posaient sur la roue qui était couchée sur le sol et les mettaient en place à coups de masse et de marteau.
    Au même instant, les aides arrosaient copieusement le cercle afin que celui-ci se contracte sur la jante et ne transforme pas la roue en charbon.
    Après la phase de serrage, le cercle était rendu solidaire de la roue par des boulons à tête conique noyés dans des trous ayant le même profil qui traversaient le métal et le bois, au nombre de un ou deux par jante.
    Et pour terminer ce travail de force et de précision, les roues étaient peintes ou goudronnées afin de les protéger très longtemps du caprice des saisons.
    Je me souviens, il y a déjà bien des années, de ces brasiers de bûches incandescentes de deux mètres de diamètre et de trente ou quarante centimètres de hauteur dans lesquels les cercles étaient chauffés au rouge avant d’être enlevés par des ouvriers protégés de la chaleur par des tabliers de cuir et dont les chemises sales de sueur et du cambouis de la forge gisaient pêle-mêle sur une vieille roue qui avait rendu l'âme.
Maurice ORTAIS
Voir aussi L'histoire de la roue... (très technique)
et aussi le site d'un charron: http://pagesperso-orange.fr/attelage-du-jub/
 
 
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